Parce que la nuit n'a pas de nom



Ce soir ma nuit est comme cette page… blanche… Il est passé 2 heures et dans 3 heures il me faut me lever. Seulement voilà, le sommeil me fait la nique et refuse de m’accueillir.

Les pensées en ces lieux se bousculent et me bouleversent. Toute la noirceur de mon esprit se met à nue pour m’obliger à la contempler. Et je me laisse prendre au piège. Ce piège qui m’enferme et m’enfonce de plus en plus vers le gouffre infernal de la dépression. Pas un rayon de lumière ne veut pénétrer dans cette pièce obscure. Tout y fait si sombre.

Les marques rouges de ce réveil m’indiquent que le temps passe et que rien ne l’arrête. Et je suis là à contempler les secondes s’écouler, comme je regarde ma vie disparaître dans un brouillard épais. Aussi épais que celui de ce matin qui nous crachait sa bruine sur le visage. Rien, rien ne pouvait passer à travers cet épais manteau brumeux.

Et cette nuit aucun ange, aucune fée ne viendra me chercher pour adoucir les heures de l’attente. Mais l’attente de quoi ? De qui ?

Cette page devient mon reposoir… mon déversoir aussi. Qui saura la plaindre pour tout ce que je lui déverse ? Qui aura une attention pour elle ? Je suis là à n’en prendre aucune pitié, juste à pleurer sur elle, pleurer sur mon sort qui n’a rien de si pitoyable que cela. Non vraiment. Et pourtant. Où est cette lumière qui rayonnait tant ma vie ? Une lueur de bonheur qui un jour en eut assez de briller pour cette étoile qui n’en est pas une.

Le bonheur… on court toujours après… mais quand le saisit-on ? Sans s’en apercevoir un jour peut-être me dira-t-il : « j’étais là au fond de toi, mais tu ne me voyais pas » et si c’était vrai ? Où te caches-tu toi que j’espère en vain ? Où est donc ta tanière qui refuse de m’abriter ?

Avez-vous déjà vu une nuit si blanche pour un ciel si vide ? Aucune étoile pour me guider. L’insomnie est le refuge des déprimés. Elle seule sait les accueillir et les prendre dans ses filets. Une toile bien tissée dont on ne se sort jamais. Elle vous grignote peu à peu. Elle vous ronge sans que le sang ne se fige, ne laissant aucune marque visible juste un esprit noir et morbide. L’insomnie… faut-il s’en faire une amie ?

Il est des nuits où mes rêves me portent vers les cieux. Ces images qui dansent dans nos cœurs et qui nous mènent au bout du monde. Puis il y en a comme celle-ci où seules les minutes interminables vous agrippent par le col et vous montrent le chemin de votre misère.

Demain sera un jour difficile… dans l’attente de la prochaine nuit qui verra mes yeux se fermer pour t’accueillir. Toi le roi de mon domaine. Toi le rêve qui me hante. Toi le souvenir qui ne s’oublie jamais…